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7、Partie VII Parti ...
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Eric et moi arrivions au village "Haba" la veille de Noël. Il faisait très froid. Mais pas mal d’amateurs de randonnées en montagne s’y retrouvaient. Nous restions plusieurs jours au village, Eric me disait qu’ils attendaient du vent, parce que quand il en avait, il ne faisait pas trop frais. Eric avait de l’expérience et possédait tout un équipement pour la montagne. Il était sérieux et fermé.
Je ne savais pas ce qui lui était arrivé pendant ces deux ans. Il ne m’en parlait pas, je ne le lui demandais pas non plus. Comme pour ma vie à Paris, il ne me questionnait pas. Pendant la plupart du temps, assis dos à dos à la cour de l’auberge, nous prenions le soleil en silence. Je savais bien que ce n’était pas pour parler qu’il m’avait demandé de venir. Il avait juste besoin d’avoir quelqu’un à ses côtés.
Quelques jours après, Eric partait avec d’autres grimpeurs accompagnés d’un guide local. Je me réveillais dans l’après-midi. Le soleil n’était pas assez chaleureux, je restais autour d’un poêle et parlais avec d’autres touristes. La journée passait vite, quand je voyais le retour du groupe, il faisait déjà noir. Ils étaient tous déprimés. Le guide nous disait avec grand regret qu’ils y presque arrivaient, mais le vent était trop fort pour continuer. Eric me disait du bout des lèvres avec un sourire amer :
- Je vais poser mon sac.
Au dîner, un jeune homme ne pouvait pas contenir ses larmes. Il était dans l’obligation de partir chez lui pour travailler, et il ne voyait pas quand il pourrait revenir. Il préparait longtemps ce voyage, et il se concluait par un départ regrettable.
Au soir Eric tournait et retournait dans le lit, j’entendais de temps en temps il soupirer. Je l’appelais doucement : "Eric… " Immobile pendant une seconde, il se tournait vers moi, ses yeux paraissaient plus brillants dans la nuit. Il riait peut-être avant de parler avec une voix morose :
- J’ai eu envie de mourir. Puis il mettait la tête entre l’oreiller et le bras, et ne parlait plus.
A cet instant-là, je voulais vraiment le prendre dans mes bras où il pourrait dormir ou pleurer, je ne voulais absolument pas qu’il continuait de s’étouffer comme ce qu’il faisait. D’ailleurs, je pensais que si je lui tendais la main, il m’appartiendrait peut-être. Cette idée déferlait en moi, mais tout ce que je faisait, c’était de me mettre entre l’oreiller et le bras comme lui.
Deux ans passaient. Mais j’étais toujours celle que j’avais été. Sachant que la personne qui avait essuyé la sueur sur l’arête de son nez, ce n’était pas moi.
Nous restions encore plusieurs jours au village en passant le nouvel an ensemble. Entre-temps, des gens venaient, d’autres partaient, comme d’habitude. Eric et moi prenions souvent le soleil dans la cour. Parfois il regardait la montagne avec plein de désir dans les yeux. Je lui demandais s’il voulait ressayer, il hochait la tête. Un échec, c’était dommage. Le deuxième, ce serait un regret. C’était peut-être son avis.