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6、Partie VI Parti ...
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La vie à Paris n’étais pas facile. Je passais un an en management du textile avant de réaliser que cela ne m’intéressait pas du tout. C’était le design que je voulais, mais je pensais ne pas avoir le talent pour cela. Etant un peu perdue, j'allais à l’école de la langue française pour m’accorder plus de temps pour réfléchir.
Un jour, une copine coréenne me demandait de passer un entretien avec elle. C’était une sélection de covergirl organisée par un magazine qui cherchait des filles asiatiques. Vu la bonne rémunération, je faisais de mon mieux. Les quatre filles finalement choisies, à part moi, avaient toutes moins de 20 ans.
Il y avait presque deux ans que mon visage n’avait pas été touché par des fards. En regardant devant le miroir la fille très maquillée, je pensais à des paroles moqueuses et sarcastiques de Xavier. Il avait dit :
- Marjorie, dans deux ans, pense-tu que tu seras encore attirante pour les hommes ? Il ne manque guère de jeunes filles, et il n’y aura plus de place pour toi.
Il avait aussi dit :
- Tu devrais réaliser que le beau jeune garçon dans ton rêve n’existe pas en réalité ! Tout le monde fera un compromis avec sa vrai vie.
L’année suivante, je posais ma candidature à la formation de pâtisserie. Le responsable était un monsieur d’âge moyen, gros et souriant. Au cours de l’entretien, il me posait une question :
- Sauriez-vous faire la cuisine chinoise ?
- Un peu. Les plats sont mangeables. Je lui répondais.
Il semblait être surpris et me demandait :
- La cuisine chinoise est très bonne, pourquoi vous n’avez pas envie de l’apprendre ?
- Ce n’est pas ma tasse de thé.
- Vous êtes intéressée par la pâtisserie ?
- Tout à fait.
- Pourquoi ?
Je réfléchissais en penchant la tête, puis lui disais :
- Mon estomac est malade à cause du régime que je me suis imposée pendant des années. Aujourd’hui, la seule façon de le remplir, c’est l’odeur forte de gâteaux.
Toujours souriant, il disait :
- Dernière question, juste réfléchissez la, je ne vous demande pas la réponse tout de suite : si vous faîtes un gâteau, à qui vous voudriez le faire goûter ?
Je me mettais donc à apprendre dans ce nouveau domaine. Comme tous les cours, je commençais par la théorie. Elle était compliquée et intéressante pour moi. Une fois débuter, je voyais qu’elle englobait tous les phénomènes. J’arrêtais de fumer, vivais avec sérénité comme si je redevenais celle que j’avais été en première année à l’institut de langue étrangère à Pékin. A mes 25 ans, j’aurais pu trouver la clé de ma vie.
Un soir des vacances de Noël, je me baladais le long de la seine. De l’eau étincelait au clair de la lune et de la lumière des lampes, des bruits de voitures, de paquebots, de gens se réunissaient, c’était une scène typique de fin d’année. Mes mains dans les poches, mes doigts droits touchaient une carte sur laquelle il n’y avait qu’une phrase :
- Cela t’intéresse d’aller voir les montagnes enneigées du sud ? Eric.
Quand j'avais décidé de quitté ma vie à l’époque, j'avais en même temps rompu les relations avec les gens que j’avais connus. Même avec Eric, je ne l’appelais pas une seule fois. Mais chaque fois quand je déménageais, je le tenais au courant de mon adresse en lui envoyant un message. Je n’avais jamais de réponse. Dès le dernier contact au téléphone où il me disait "Prends soins de toi", je n’avais aucune nouvelle de sa part. Lorsque je recevais le message automatique disant "votre message a été reçu", je pouvais soupirer profondément. Son numéro existait encore.
Or, deux ans après, une carte, une interrogation, une invitation faisait basculer ma vie. Comme une goutte de pluie d’une feuille de lotus tombait sur la surface calme du lac, causait des rides qui diffusaient, diffusaient……
Je restais debout à côté de la seine, les yeux à demi fermés, la tête penchée, m’isolant du bruit, je voudrais trouver un lueur dans la nuit. J’essayais, j’essayais, je tendais mes oreilles, l’ambiance autour de moi se calmait, la lumière se tamisait, les gens s’éloignaient, à la fin il ne restait que le mouvement de l’eau de la seine coulant avec du vent. La seine murmurait murmurait, les rides criaient, criaient, après tout devenait une voix : rentre, rentre…