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5、Partie V Parti ...
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A partir de ce jour, j'appartenais réellement à Xavier.
Il louait un appartement pour moi. De temps en temps il venait me voir. Il prenait soin de moi, toujours attentif. Je l'admettais instinctivement.
Entre neuvième sœur et moi, c'était complètement fini. Peu après elle quittait l'entreprise, quelqu'un voulait payer la pénalité pour la rupture de contrat, Stéphane ne l’acceptait pas. Il ne me reprochait pas son départ non plus.
Eric ne faisait pas exprès d’éviter de me rencontrer, il était comme d'habitude. Lui et Stéphane cachaient bien leur secret, personne n'en doutait. Xavier m'amenait souvent à son rendez-vous avec Stéphane, alors je rencontrais aussi Eric. Petit à petit je voyais leur intimité qui depuis longtemps existait, mais je ne pouvais jamais comprendre le sentiment que Stéphane portait à Eric. Il ne devait pas être faible, sinon comment il avait pu tenir pendant des années ; mais s'il était profond, pourquoi Stéphane draguait autant de femmes. Chaque fois quand Stéphane commençait une nouvelle histoire avec une femme, Eric s'absentait pour plusieurs jours. Lorsqu'il revenait, il faisait comme si rien ne s'était passé.
Les jours s’écoulaient comme l’eau coule. Je terminais mes études. Je continuais ma carrière de modèle. Je restais avec Xavier.
En hiver, "Mademoiselle quatre" allait se marier. Nous nous réunissions donc dans un bar pour son enterrement de vue de jeune fille. Eric se présentait aussi, même s’il était rare qu’il allait à une soirée où Stéphane ne serait pas là. Après avoir trinqué un verre avec "Mademoiselle quatre" en disant "félicitation", il prenait son verre et se mettait dans un coin paisiblement. Je me dirigeais vers lui et lui tendais une cigarette :
- Ne bois pas trop. Tu ne veux pas une cigarette ?
Il voulait la prendre, puis sa main s’arrêtait en l’air, et finalement il prenait un baquet de cigarette de sa poche. Il ne fumait toujours que des 520.
Eric s'absentait de plusieurs shows du nouvel an, personne n’avait aucune idée d’où il était. Entre temps, Stéphane ne faisait qu’un avec une anglaise, et son visage était rayonnant de bonheur. Je doutais que cet homme avait du cœur.
J’envoyais un message à Eric sous prétexte du Nouvel An Chinois, et il m’appelait de suite. Avec une voix calme, il me disait qu’il rentrerait après la fête, et si je voulais, nous pourrions grimper une montagne ensemble. Après cet appel, j’étais rassurée, et aussi un peu claire. Depuis tout ce temps, je ne voyait que son attirance sur scène autant que dans la vie courante, et j’oubliais complètement qu’il était aussi une personne éloignée de sa famille.
Nous allions à la montagne "Parfumé" en banlieue de Pékin. Il faisait froid, il n’y avait pas foule, pas de bruit non plus. Au sommet, Eric et moi nous nous assoyions dos contre dos. Les rayons de soleil n’étaient pas assez chauds, le vent me donnait froid. Je disais à Eric :
- Raconte-moi ton histoire.
Il commençait par son arrivée à Pékin. Il était fou de danser. Sans d’argent, il avait mené une vie heureuse. Ensuite il avait rencontré Xavier qui lui proposait un travail comme mannequin, il l’avait accepté pour gagner de l’argent afin d’acheter une nouvelle paire de chaussures de danse. Ainsi il avait fait connaissance de Stéphane qui venait de créer sa boite. A ce moment-là, Stéphane était dépriméà cause de son divorce. Mais Eric n'avait pas compris pourquoi ce beau et jeune patron était malheureux, et il avait voulu lui faire plaisir. Il avait essayé, et Stéphane n’avait plus eu l’air abattu. Tout allait mieux, sauf que la vie d’Eric n’était jamais plus aussi heureuse et simple qu’avant.
Eric était derrière moi, il ne parlait pas fort, le vent faisait faiblir sa voix. Puisque je ne lui demandais pas de répéter, il continuait. Puis le vent devenait de plus en plus fort, ses mots se dispersaient tous avant d’arriver à mes oreilles. Ce n’était pas grave. Ce qui comptait, c’était de le laisser parler.
Après il s’arrêtait et se tournait vers moi :
- Cinquième bébé, en fait, j’ai réfléchi depuis longtemps, est-ce qu’il faut que je te demande pardon ?
Après une seconde de surprise, je me sentais attristée. Eric reprenait la parole :
- Mais j’ai pensé aussi, Xavier te protège bien, je ne peux pas dire que tu es malheureuse. Je ne voulais donc pas te déranger avec le passé.
Je restais silencieuse, et il ne parlait plus. Enfin regardant ses yeux, je disais :
- La dernière fois tu m’as dit, "c’est bien de pouvoir pleurer". Je gardais un sourire, mes yeux étaient secs. Mais ne t’embête pas de remords. Tu ne m’as jamais trompée. Je connaissais bien la vérité.
L’intimité qu’il m’avait montrée, c’était justement une conséquence de sa blessure causée par Stéphane. Les gens ont besoin de trouver une source de consolation après avoir été blessés. J’étais assez grande pour comprendre cela. Simplement, c’était moi qui n’avais pas envie de me faire face à la vérité.
Parfois j’espérais que certaines personnes n'étaient jamais entrées dans ma vie. Si je n’avais pas rencontré Eric, je n’aurais pas éprouver ce désarroi. S’il n’y avait pas eu Xavier, je ne me serais pas rendu compte de ma solitude.
Je décidais de quitter ma vie actuelle.
Xavier me répondait avec patience :
- Ne sois pas trop capricieuse. Si tu en as marre, tu pourra arrêter ton travail. Ou bien, on pourra se marier…...
Je bondais sur le champ comme si j’avais subi un coup éclectro-choc. Je ne me rappelais plus de ce que je disais sous le choc, mais c’était la première fois et la seule fois que nous nous séparions dans la mésentente.
J’appelais Eric pour lui dire que j’irais à Paris faire des études. Nous nous échangions quelques mots, puis il me disait : "Prends soin de toi. " Je répondais : "Toi aussi."
Mes collègues modèles m'offraient un banquet d’adieu, nous passions une soirée fantastique. Personne ne se sentait triste, sans parler de pleurer. L’arrivée d’une personne et son départ étaient trop normaux pour causer des changements d’humeur. Stéphane avait raison : aujourd’hui je pars, demain peu de gens se souviendront de moi. Il n’y avait que Xavier qui me considérait comme un trésor et qui s’inquiétait des difficultés que je rencontrerais quand je voudrais partir. Pendant les quatre ans dans le monde du mannequinât, j’entendais souvent parler de vilaines intriques, de sinistres ragots, ennuis divers, etc., mais je n’y étais jamais confrontée. Je remerciais beaucoup Xavier pour sa protection.
J’allais à l’aéroport toute seule. Après toutes les démarches administratives, j’attendais sur un siège paisiblement. Je pensais à ma famille, aux gens que j’avais rencontrés et ce qui s’était passé entre eux et moi. Puis je trouvais le numéro de "neuvième sœur", et je l’appelais. J’aimerais qu’elle pût me pardonner, au moins, me comprendre, comprendre la solitude désespérante que j’avais subie et mon désarrois envers cette solitude. Cependant, une voix indifférente me disait : "le numéro que vous avez demandé n’est plus valide. " Je ne pouvais plus trouver ma neuvième sœur.
Quand je faisais la queue pour l’embarquement, quelqu’un se mettait à côté de moi. Je déplaçais mon regard vers lui, il caressait mes cheveux de la main, ce geste me donnait le sentiment d’être gâtée. Pas besoin d’un mot, mon cœur était réchauffé.
Cela faisait quatre ans que je l’avais rencontré, deux ans que je vivais avec lui. Il était témoin de ma maturité. Aussi de mon départ.