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4、Partie IV Parti ...
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Le temps passait jour après jour.
Tout était comme ce qu’il était auparavant. Xavier restait calme. Stéphane restait volage. Eric restait doux. Rouge restait belle. Et quant à cinquième bébé, elle aimait toujours regarder Eric silencieusement.
Je commençais à fumer. Mon seul choix de cigarette était des 555. Quant mes collègues me voyaient fumer, ils se moquaient de mon narcissisme. Parce qu’ils ne voyaient que les cinq, sans faire attention au fait qu’il y avait trois cinq. Trois, et cinq. Troisième prince et cinquième bébé. C’était comme quand nous demandions à Eric pourquoi il ne fumait que des 520, Stéphane répondait à sa place en éclatant de rire :
- Vous savez bien que c’est son anniversaire. Alors vous savez à quel point il s’aime !
Nous riions aussi. Personne ne se rappelait que, le 20 mai, c’était également l’anniversaire de Stéphane. Excepté Xavier. Cet homme n’était à aucun moment désorienté, il gardait toujours un esprit clair et minutieux.
Ce soir-là, il me disait :
- Eric ne te convient pas. C’est vrai qu’il est intelligent et assidu, vu qu’il est arrivéà Pékin pour apprendre à danser à 13 ans, et il a débouché vers mannequin quand il a rencontré Stéphane à 16 ans. Puis il a eu un certaine célébritéà 18 ans. Mais son éminence prend sa source dans la société, et toi, tout ce que tu as vient de l’école.
Il continuait tranquillement sans me laisser réagir :
- Marjorie, même toi, tu n’es plus celle que tu étais. Tu aurais dû savoir que le beau garçon dans le rêve des jeunes filles n’existe pas en réalité.
Oui, j’étais assez loin de la fille timide qui n’osait regarder Stéphane en face. Je grandissais sous le regard de Xavier.
Parfois je me demandais, si Xavier aimait la fille qui se trouvait souvent dans un embarras extrême et qui ne savait que baisser la tête en silence, aurait-il le regret de m’avoir amenée au monde de modèle ? si lors de notre deuxième rencontre nous n’avions pas vu Stéphane et Eric, la situation serait-elle différente entre lui et moi ?
Quand l’été arrivait, Stéphane recommençait une histoire, comme d’habitude, d’ailleurs. Je pensais qu’Eric disparaîtrait à nouveau pour un moment. De ce fait, il me disait quelque jours après qu’il allait grimper une montagne. Par contre, cette fois-ci, il me demandait si j’avais envie d’y aller avec lui.
La montagne était vraiment sauvage. Avec un gros sac à dos bien lourd, je faisais de mon mieux pour suivre Eric. Il me recommandait par hasard de faire attention au chemin, et je lui répondais par un "hein". Au soir après avoir installé le camp, j’étais trop épuisée pour éprouver de la joie d’être avec lui. Le lendemain matin au sommet, je ne pouvais pas m’empêcher de fondre en larme face au soleil qui venait de se lever. Comment je pouvais réussir à parcourir un chemin aussi dur ? Qui me tenait jusqu’au bout ? Eric me regardait sans essayer de me soulager ou de dire quoi que ce soit. Enfin il me disait :
- C’est déjà très bien de pouvoir pleurer.
Cet événement, je ne le racontais à personne. Je pensais qu’Eric non plus. Personne ne se rendait compte de notre disparition de ces deux jours. En revanche, il me semblait qu’Eric changeait son attitude vers moi, et il me traitait d’une manière plus intime qu’avant. Je hésitais un peu entre être heureuse et être triste de ce changement, et puis décidais de laisser tomber le dernier.
Au jour de mon anniversaire, neuvième sœur était en Hollande, mais elle m’appelait :
- Cinquième bébé, passe bien ton anniversaire avec eux. Quand je reviens, j’organiserai une soirée pour toi ! N’oublie pas que je te dois un homme bien.
La soirée semblait plutôt à un banquet commercial. Stéphane invitait des patrons des entreprises avec lesquelles nous avions coopéré, et j’avais fait leur connaissance. Xavier m’expliquait :
- J’espère que cela ne te gêne pas. Il y a des gens qui refusent souvent des invitations de business, une occasion comme l’anniversaire nous arrangera.
Bien entendu que je ne pouvais fêter mon anniversaire qu’avec Eric, alors cela m’était égal de le passer avec n’importe qui.
Après quelques verres, ma tête tournait. Je sortais donc pour prendre un peu l’air. A côté des escaliers se trouvaient Stéphane et Eric. Je m'approchais vers eux discrètement. Ils allaient peut-être faire la paix. J’étais prête à l’entendre.
Stéphane parlait d’un ton vicieux :
- Je t’ai prévenu de ne pas draguer Marjorie. C’est avec moi ou avec Xavier que tu veux te montrer difficile ?
Eric lui rebutait :
- Vous pouvez aimer quelqu’un, pourquoi pas moi?
Stéphane lui donnait un coup si violent qu’il tombait par terre. Sa mine devenait plus pâle quand il me voyait. Sans signaler à Stéphane ma présence, il s’assoyait par terre, pliait ses jambes, prenait les genoux dans ses bras, baissait sa tête, gardait la silence. Stéphane disait d’un air féroce :
- Je t’appellerai tout au plus le coureur de jupon si tu dupes les femmes pour qu’elles montent dans ton lit. Mais si tu leur fais croire que tu les aimes, tu es un salaud !
Eric continuait de se taire. Puis il disait d’un ton morose :
- Je n’ai jamais dit que je l’aimais.
Ce soir-là même en ayant bu verres après verres je n’arrivais pas à m’enivrer. Tous les invités étaient surpris, parce qu’ils n’avaient pas imaginé que j’étais une grande buveuse. A la fin de la soirée, quelqu’un me proposait de m’accompagner à l’école, je pouvais même lui dire que le portail du dortoir avait été fermé. Après quelqu’un me mettait sur le siège arrière d’une voiture, et j’avais l’esprit plus clair grâce au vent doux du soir. Je levais mon buste à l’aide des bras, et voyais Xavier conduire. Je lui demandais : "Où va-t-on ? " Il me répondait : "A la maison." Je me rallongeais donc sur le siège.
Chez lui, je même fumais une cigarette calmement. Xavier avait un appel, il parlait en fronçant ses sourcils :
- On est arrivé chez moi. Elle n’a pas eu mal, pas vomit non plus.
Il murmurait, il murmurait, ensuite j’entendais il dire :
- Tu te réconcilies avec Stéphane ? Ne faîtes plus rentrer personne dans vos jeux.
Le nom Stéphane piquait mon cerveau, je me précipitais vers Xavier. Je le frappais et tirais sur sa veste en prononçant quelque chose mais je ne savais pas quoi. A la fin de cette scène, j’enfin comprenais ce que je disais :
- Pourquoi lui demander de s’éloigner de moi ! Pourquoi dire que je t’appartiens ! Je ne t’aime pas du tout ! Et toi, tu n’as pas le droit de m’aimer !
Je répétais ces phrases, Xavier ne disait rien. Il me couvrait d’une couette pour que je ne fusse pas trop agressive, mais je n’arrêtais ni de me répéter ni de me débattre. Finalement il disait cruellement :
- Ça suffit ! Ne me dis pas de te dire la réalité, tu sait bien qui aime Eric !
C’était à cette nuit que j’ai fait l’amour avec Xavier. Cela me faisait de la peine. Mais je la subissais et je la supportais. De plus, je faisais exprès pour avoir plus mal. Je me sentais déchirée. Pourtant, par rapport à ce que faisait Xavier – il jetait brutalement la réalité devant moi, la peine physique était faible. En fait, si certains me cachaient la vérité, je pouvais toujours faire semblant de ne pas la connaître. Mais Xavier ne me laissait pas le choix.
Le lendemain matin j’étais réveillée par le téléphone. Avec les yeux encore à moitié-fermés, j'attrapais sans réfléchir mon portable. Je le prenais dans la main, sur l'écran il affichait "Rouge". Même si j’avais un doute de qui était Rouge, je répondais. Mais après mon "allô", l'interlocuteur ne disait rien. Je reprenais un peu mon esprit et je demandais qui était à l'appareil. Une voix féminine hésitante venait du portable :
- Cinq...cinquième bébé?
Ayant reconnu la voix de neuvième sœur, je demandais :
- Neuvième sœur, oui, c'est moi. Qu'est-ce qu'il y a?
Elle parlait après un silence assez long, d'un ton froid :
- Vous n'êtes pas encore réveillés? Puis-je parler à Xavier?
Le ton de sa voix me donnait des frissons et me faisait parvenir sur terre. Ce n'était pas dans mon dortoir, ce n'était pas mon téléphone non plus. C'était chez Xavier, et cet appel était pour lui. Nous avions le même de portable et la même sonnerie, c'était pourquoi j'avais cru que c'était le mien. Sauf que sur mon portable, je mettais "neuvième sœur" au lieu de "Rouge", ceci expliquait pourquoi je n'avais pas pu la reconnaître dans un premier temps. Elle s'empressait de me demander : "Je peux?" Toujours d'un ton froid. Je disais "oui, oui" à la hâte.
Je regardais partout pour trouver Xavier, il était juste derrière moi, bien réveillé, dans son regard se trouvait un sourire. Ce qui se passait la veille me revenait, mais je n’avais pas le temps d'y penser. Je lui tendais le portable en m'excusant pour avoir répondu à sa place et en lui disant que c'était Rouge. Je me couvrais avec les draps et me dirigeais vers la salle de bain en hâte. Xavier parlait d'un ton plus froid que neuvième sœur :
- Je n'ai pas besoin de t'expliquer ce que je fais.
Quand je rencontrais neuvième sœur à l'entreprise, elle me foudroyait du regard et disait avec mépris :
- C'est vrai que les chiens qui n’aboient pas mordent!
Les collègues nous regardaient d'une façon étrange et n'osaient pas nous aborder. J'étais embarrassée.
C'était Xavier qu'elle aimait ? Je ne savais pas. Mais je savais que je l'avais choquée et déçue. La petite sœur timide qu'elle avait voulu protéger sautait dans le lit d'un homme. Je ne savais pas comment lui expliquer non plus, car moi aussi j'étais choquée et déçue. Ce n'était pas par curiosité, ni à cause de l'alcool que j'acceptais de me coucher avec Xavier. Dans ses bras, quand il m'embrassait, je me livrais honteusement à sa douceur. Malgré mon sentiment, j’étais touchée au plus profond de mon cœur.
Cependant, après dans la baignoire, le visage sur les genoux, le pommeau de douche dans la main droite, j'étais confuse et fatiguée. Je ne l'aimais pas. Vraiment. Pas du tout. Mais je ne pouvais pas le repousser. Alors le corps supportait moins facilement la solitude que le cœur. Comme ce fait était lugubre ! Des larmes chaudes tombaient.